Heyden El Padrino


 Messages: 2907 Age: 27 Manga(s) préféré(s)?: Strobe Edge, Sawako, Comme elles, Beck, Claymore, L'académie Alice, Dengeki Daisy, Death Note, Mars, Library wars, Life, Meru Puri, Monster, Palais, professeur Eiji, Jusqu'à ce que la mort nous sépare, Le chien gardien d'étoiles, Bride stories, L'Arcane de l'aube, Je ne suis pas un homme, etc Anime(s) Préférés(s): Kimi ni todoke, Shinrei Tantei Yakumo, Bakuman, Tokyo Magnitude 8.0, Kobato, School days, Claymore, Itazura na Kiss, Clannad after story et encore tant d'autres
 | Sujet: Solanin Mer 26 Oct 2011 - 20:27 | |
| Titre : Solanin Genre : tranche-de-vie, social Nombre de tomes VO/VF : 2 Auteur : ASANO Inio Édition VF : « Made in » Kana Prix : 10€ Année de sortie au Japon : 2006 Édition VO : Shogakukan | Citation: | Résumé : Meiko qui exècre son boulot de secrétaire d'une grande entreprise, vit depuis un an avec Taneda, illustrateur occasionnel pour un magazine, et guitariste amateur. Très cynique, la jeune femme n’envisage pas l’avenir de manière positive et entrevoit même la possibilité de "sortir du circuit" en donnant sa démission… Ses amis, Jirô et Katô, ressentent également un malaise quand ils songent à leur avenir… |
Mon avis : Ce manga se révèle très touchant par sa justesse. Il nous dépeint le quotidien de jeunes qui doivent se confronter à la vie adulte alors qu’ils sont encore parfois gamins dans leurs têtes. Je pense que l’identification est assez aisée.
Le manga se consacre donc essentiellement au doute. Le doute qui empêche d’avancer, le doute qui emprisonne, le doute qui nous fait nous poser des questions. C’est à travers la vie de Meiko et Taneda que l’on découvre cet aspect dans un premier temps, mais par la suite, le manga s’oriente vers tous les personnages, ce qui se révèle très judicieux. On a donc l’impression que le doute martèle le manga et nos personnages qui peinent à entrer dans la vie active.
A travers Meiko et Taneda, on découvre deux aspects je dirais : s’ils ont un pied dans la vie active qui semble être une prison invisible construite par une société, ils ont également un pied dans l’insouciance à travers des rêves qu’ils ont du mal à faire progresser. On suit donc leur quotidien mais sans jamais tomber dans la lourdeur. Bien au contraire, c’est d’une très grande justesse. On sent que ce réalisme est mûrement réfléchi et qu’il s’en dégage à la fois une forme de légèreté comme de douleur. Ce paradoxe sert à nous montrer l'existence plutôt difficile d'une jeunesse qui exècre le conformisme qui semble régir la société nipponne. Ici, c’est l’individualisme qui est mis en avant, mais surtout sa difficulté à s’imposer. Le tome 2 introduit un tournant assez tragique, inattendu et qui pourrait choquer, mais sans tomber exagérément dans le pathos. On retrouve le côté presque poétique qui aide à faire passer l’évènement sans jamais réellement l’oublier.
La narration se veut donc très fluide, très recherchée d’autant que les dialogues ont une vraie résonance et peuvent toucher beaucoup d’entre nous. Le portrait d'une jeunesse fragilisée y est dépeint avec beaucoup de conviction. J’ai aussi beaucoup apprécié le travail sur la psychologie des personnages. C’est fouillé et le fait de rentrer dans les pensées de tous les personnages aide à mieux comprendre leurs espoirs, rêves, ces notions qui redonnent de l’optimisme en somme. D’autant que c’est introduit assez subtilement.
Les dessins ont toujours ce côté incisif, mais il s’en dégage aussi beaucoup d’insouciance comme pour mieux concorder avec l’attitude parfois gamine des personnages. On voit aussi de nombreux plans sur le visage de Meiko comme si le mangaka essayait de creuser encore plus son personnage.
Conclusion : Un très beau récit qui nous est proposé. J’ai vraiment adoré la manière dont on nous racontait cette jeunesse fragile.
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