Titre : The Place Promised In Our Early Days
Titres alternatifs : La Tour au-delà des nuages, 雲のむこう、約束の場所 - Kumo no Mukō, Yakusoku no Basho
Année : 2004
Genre : Drame, romance, science-fiction
Durée : 91 minutes
Réalisateur : Makoto Shinkai
Studio : Comix Wave Films
Licence : Pathé
Synopsis (Animeka)
Dans cette réalité qui n'est pas vraiment la nôtre, le Japon fut coupé en deux après la Seconde Guerre mondiale : alors que la souveraineté américaine s'étendait sur Honshu et les îles du sud, l'Union annexait Hokkaïdo. Rebaptisée Ezo, celle‑ci devint le théâtre d'expérimentations scientifiques classées secret défense. Ainsi, en cette fin de XXe siècle, s'élance dans les airs depuis plus de vingt‑cinq ans une tour immense dont le sommet est bien trop haut pour être visible. Ce mince trait blanc qui sépare le ciel en deux se voit clairement depuis le nord de Honshu et devient rapidement le sujet des conjectures les plus folles.
Deux jeunes lycéens, Hiroki et Takuya, mènent leur projet secret de fabriquer un avion pour aller dévoiler les mystères de la tour. Ils sont sur le point d'aboutir lorsque Sayuri entre dans leur vie : charmé par la jeune fille et au grand dam de Takuya, Hiroki lui avoue leur plan, lui promet de l'amener avec eux. C'est son premier amour, celui qu'on oublie jamais…
Mais Sayuri tombe alors gravement malade et se retrouve hospitalisée en hâte à l'hôpital de Tokyo et à l'insu de ses deux amis. Désespérés par cette disparition soudaine, ceux-ci abandonnent peu à peu leur projet, se séparent pour suivre leurs études. Au long de ses pérégrinations dans le domaine de la science, Takuya finit par se retrouver mêlé à une organisation terroriste qui découvre ce qui se trame dans la tour : se basant sur la théorie que la totalité des mondes parallèles ne sont que les rêves de l'univers, les savants de l'Union cherchent à créer l'arme absolue qui leur donnerait le contrôle de la texture même de la réalité.
Centre névralgique de leurs recherches, la jeune Sayuri, plongée depuis trois ans dans ce sommeil inexplicable dont les songes sont autant de passeports vers l'infinité des mondes parallèles en un kaléidoscope labyrinthique où ne subsiste qu'une solitude insupportable. Pour la sauver, Hiroki devra tenir la promesse qu'il lui a faite trois ans auparavant...
AvisDeux ans après avoir réalisé son premier film d'animation seul, Makoto Shinkai réitère cela avec
The Place Promised In Our Early Days. On reconnait tout de suite la patte du réalisateur : d'une part, les paysages toujours aussi travaillés et agréables à la vue viennent illustrer le rythme langoureux du récit. Chaque détail du décor attire notre regard sur ces tableaux fantasmagoriques et le jeu de couleurs rend au final une vision d'un univers empli de poésie.
D'autre part, Makoto Shinkai aime travailler sur des sujets qui lui sont chers : l'amour, la solitude et l'éloignement sont de mises. Autant de thèmes que ce dernier développe avec un certain intérêt que nous, téléspectateur, pouvons déceler. La balance avec une bande-son que j'estime correcte et adaptée vient agrémenter la lente progression de l'histoire.
C'est d'ailleurs ce dernier point qui rebutera les amateurs de récits dynamiques : avec Makoto Shinkai, il ne faut pas s'attendre à une histoire aux rebondissements soudains. Une fois que le contexte a été installé, le récit poursuit tranquillement son déroulement et c'est plus dans cette optique qu'il faut aborder ce film.
Ce qui est également mis en avant est la relation entre les divers personnages : chacun d'entre eux veut atteindre un objectif et la tour se dressant impassible au-dessus des conflits terrestres représente bien l'étendue des rêves de nos protagonistes et leur rappelle le but qu'ils se sont fixés. Entre rêve et réalité, tout se mélange et on voyage assez rapidement d'un monde à un autre : deux mondes fondamentalement différents qui se chevauchent...
Pour les amateurs des oeuvres de Makoto Shinkai, je le recommande. Pour les autres, jetez-y un coup d'oeil : peut-être aurez-vous, comme moi, un coup de coeur pour ce film.