Présentation:Film culte produit en 1988, Akira est basé sur le scénario de la série du même nom de Katsuhiro Otomo. Edité à partir de 1982 et jusqu’en 1989 dans le Young Magazine, il fallut toutefois attendre 1993 pour pouvoir découvrir le sixième et ultime tome clôturant la série. Katsuhiro Otomo s'est vu proposer, en 1987, le projet d’adapter sa série en film. Emballé par l’idée il dessina lui-même l’intégralité des story-boards, désirant un film le plus abouti possible, détaillant au maximum les plans du film. Il confia la composition de la musique à Shoji Yamashito.
HistoireEn l’année 1988, une gigantesque explosion survient au centre de Tokyo, rasant complètement la ville. Un gigantesque conflit s'ensuivra, provoquant une troisième guerre mondiale.
Trente-et-un ans plus tard, la capitale a été reconstruite et rebaptisée « Neo-Tokyo », l’économie semble être au plus mal, les politiciens restent corrompus, la révolution éclate alors dans les rues de la capitale nippone.
Kaneda, chef d’une bande de motards, défend « son territoire » des « Clowns », une bande rivale qui tente d'étendre sa zone de vente de drogue sur la leur. Mais lors d’une sortie, Tetsuo, un des amis de Kaneda, manque de renverser un enfant. Dans le feu de l’action, sa moto explose et il se retrouve inconscient à terre. La bande à Kaneda se voit alors arrêtée tandis que Tetsuo et l’enfant sont emmenés par les militaires. Les scientifiques ne tarderont pas à faire toutes sortes de tests sur le jeune garçon, qui développera alors des capacités hors du commun.
Son traitement :Le doublage fut réalisé pour la sortie en salle. Il est plutôt de bonne facture mais comporte malheureusement plusieurs erreurs. Tout d’abord Kaneda est renommé Keneda, Kaori est appelée lors de sa première apparition Kaoru, Lady Miyako se voit affublée d’une voix d’homme, tout comme une infirmière durant un flashback de Tetsuo. L’adaptation semble fidèle, bien que basée sur la version américaine. Les sous-titres reprennent la version française en conservant toutefois le nom de Kaneda. Quelques lignes manquent en revanche à l’appel.
Artistiquement, Akira est l’un des films à plus gros budget produits au Japon. Le design est clair et superbe, les moindres détails étant pensés et dessinés, de plus une animation est toujours visible, sur chaque plan. D’ailleurs, le film fut enregistré sur une pellicule 70mm afin de conserver les plus infimes détails. De plus, des effets, comme les phares des motos au début du film, ont même été créés pour donner un sentiment de vitesse permettant « de vivre le film », lui donnant une impression de réalisme impressionnante par son animation déconcertante. La musique, elle, est basée principalement sur des compositions traditionnelles japonaises, et si elle instaure une atmosphère particulière au film, il faut reconnaître qu’elle est assez différente de ce que l’on peut entendre habituellement, et pourra en décevoir certains.
Casting :
Kaneda : Mathias Kozlowski
Tetsuo : Alexandre Gillet
Kai : Barbara Tissier
Le colonel : Pierre Hatet
Bref :Véritable film culte, Akira est l’un des films qui permit de faire découvrir le talent des studios japonais au monde occidental. Bien que décrié pour sa violence, il est indéniable que ce film est une œuvre d’art à part entière. Avec un milliard de Yens, ce film perçut l’un des plus gros budgets de l’histoire de l’animation japonaise. Ainsi, plus de 150 000 cellulos furent produits, 127 couleurs différentes utilisées, ainsi que plusieurs effets de synthèse produits. Par souci de réalisme, Otomo décida même de recourir à la pré-synchronisation, en enregistrant d’abord les voix des comédiens pour synchroniser le mouvement des lèvres à l'image.
Si le scénario du film est différent de celui du manga (lors de la production du film, Katsuhiro Otomo n’avait pas encore terminé sa série) et, par contrainte de durée, il possède une histoire plus courte et moins complexe que son homologue papier, ne recouvrant que les trois premiers volumes. Pourtant, elle reste passionnante et offre une fin alternative et initialement prévue. Techniquement, cette édition DVD (qui est la re-sortie de 2006) offre une bonne qualité d’image et de son. On regrettera les coquilles de la version française ainsi que des sous-titres, mais surtout la prépondérance de bonus textes, plutôt que vidéo. Retenons tout de même le making-of qui nous offre 50 minutes passionnantes de reportage sur la production du film ainsi que plusieurs interviews. Il nous permet également de voir le travail de restauration du film puisque différents extraits sont proposés, visiblement tirés du master original. Terminons enfin par préciser que ce film n'est pas à mettre entre toutes les mains, de nombreuses scènes violentes le composent. Lors de sa sortie en salle l'accréditation "-12" lui fut refusé au profit du "-16".